Animation

Bob l’éponge, un héros sort de l’eau : Gentiment régressif


Tout baigne à Bikini Bottom pour Bob l’éponge, l’éternel optimiste et ses amis: Patrick l’étoile de mer fidèle, Carlo le calamar égoïste, Sandy l’écureuil et Monsieur Krabs, le crustacé obsédé par l’argent!
Cependant tout bascule quand la recette du pâté de crabe est volée par le diabolique pirate Steak Barbare (et les mouettes qui ne le quittent jamais…) ! Pour sauver leur monde, Bob et ses amis vont unir leurs forces (avec l’aide de Plankton, l’ennemi de toujours !) et débarquer dans le nôtre ! Transformés en super-héros, ils vont apprendre à maîtriser leurs super-pouvoirs, mais … ça va faire des vagues !

  • Réalisateur(s): Paul Tibbitt
  • Acteurs principaux: Antonio Banderas, Tom Kenny, Bill Fagerbakke
  • Date de sortie: 18/02/2015
  • Nationalité: Américaine
Pour les fans inconditionnels de Bob !

Pour les fans inconditionnels de Bob !

 

Après avoir supervisé la production de 122 épisodes de Bob l’éponge, et après en avoir réalisé 12, rien d’étonnant à ce que Paul Tibbitt signe ici le deuxième long-métrage sur la célèbre éponge carrée, et par la même occasion son premier film à titre personnel. Onze ans déjà après le premier film « Bob l’éponge », c’est avec un certain plaisir coupable que j’avais hâte de retrouver les habitants de cette chère ville sous-marine de Bikini Bottom. 

Dans une production animée qui a tendance à tourner à rond et se montrer trop tape à l’oeil en relief (façon « Les nouveaux héros » dont je vous avez parlé la semaine dernière), « Bob l’éponge » parvient à cultiver sa différence, en proposant un film qui se déroule les 2/3 dans l’eau et au crayon (comme l’image ci-dessus). Et outre son style d’animation, c’est par son humour que ce dessin animé s’illustre. Très régressif, « Bob l’éponge » a un humour que tout le monde n’apprécie pas, qui est porté sur la bêtise de ses personnages, sur la loufoquerie des situations mais aussi sur les décalages et les interactions entre l’histoire et le spectateur.

Reconnu par le président Barack Obama comme un de ses dessins animés préféré, le film a toutefois un peu de mal à démarrer. On commence par y suivre le personnage du pirate joué par Antonio Banderas qui, a justement la particularité de changer de « statut » dans le film, au départ narrateur de l’histoire, entouré des mouettes qui chantent le générique du dessin animé, il intègre peu à peu l’intrigue pour en devenir le méchant. En ce qui concerne les personnages animés à proprement parler, on retrouve avec beaucoup de plaisir Bob bien sûr qui va s’allier avec Plankton (le méchant original du dessin animé) afin de retrouver la recette du pâté de crabe, ce qui est un élément récurrent des intrigues de Bob l’éponge. La longueur de l’installation de l’intrigue vient de la probable volonté du réalisateur Paul Tibbitt qui a voulu ne perdre personne et faire en sorte que ceux qui ne connaissait pas l’univers du dessin animé puissent accrocher. Pas sur néanmoins que ce film plaise à ceux qui n’ont jamais vu un épisode de Bob l’éponge, tant l’humour régressif est si particulier. J’estime qu’il faut avoir « grandi » avec ces personnages, ce qui est mon cas, pour apprécier ces nouvelles aventures décalées comme c’est pas permis.

Qui vit dans un ananas dans la mer ???

Qui vit dans un ananas dans la mer ???

Il faut aussi préciser que le film n’est pas dénué de défauts, outre son introduction très lente, on a parfois du mal à rentrer dans l’histoire, la faute à un léger problème de rythme. Son scénario ne casse pas trois pattes à un canard, mais se suit avec entrain et plaisir, et ne perdra pas les enfants en cours de route, et même si le spectateur adulte aura souvent une mesure d’avance sur l’intrigue, « Bob l’éponge » crée toujours cette fascination d’un univers gentil et régressif, même s’il convient de dire que le film est plus sombre que le premier film. L’une des scènes qui caractérise cela, c’est lorsque Plankton rentre dans le cerveau de Bob au sens littéral, ce qui crée une introspection du film qui semble s’interroger aussi sur son propre univers.

On peut aussi regretter que certains personnages soient si peu représentés, comme Gary le calmar, Sandy l’écureuil, ou Gary l’écureuil. Il faut dire que le titre est un peu mensonger également, car « le héros qui sort de l’eau » débarque sur la plage qu’à 20 minutes de la fin. C’est dans ce laps de temps que les personnages animés au crayon deviennent animés en relief, et qui fait pencher le film dans l’action et se détache un peu de l’original. Malgré ces défauts, « Bob l’éponge » se joue habilement des codes des films de super-héros pour créer des anti-héros, qui ont des pouvoirs qui ne soupçonnent même pas.

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SCENARIO 63%
MISE EN SCENE 73%
PERSONNAGES 85%
BANDE SON 62%
HUMOUR 73%
APPRECIATION GENERALE 76%
Vote final

Doté d'un humour régressif et enfantin, "Bob l'éponge, un héros sort de l'eau" est un film d'animation qui plaira aux fans de l'univers du dessin animé par son humour qui se joue de l'interaction entre le film et les spectateurs (le générique de fin lancé au milieu du film, les mouettes qui chaussent leurs lunettes 3D) tout en insistant sur la bêtise hilarante et infantile de ses personnages, qui n'ont comme moi, pas fini de grandir.

Note finale 72%