Animation

Baby boss : Un Dreamworks culotté !


C’est toujours un choc de voir ses parents rentrer à la maison avec un bébé dans les bras – surtout quand il porte une cravate, qu’il se balade avec un attaché-case et qu’il a la voix d’un quinquagénaire ! 
Si Tim, 7 ans, ne voit pas d’un très bon œil ce «Baby Boss» débarquer chez lui, il découvre qu’il a en réalité affaire à un espion et que lui seul peut l’aider à accomplir sa mission ultra secrète… 
Car Baby Boss se prépare à un affrontement titanesque entre les bébés et…. les toutous, charmants petits chiots qui vont bientôt être vendus pour remplacer les bébés dans le cœur des parents !

 

  • Réalisateur(s): Tom McGrath
  • Acteurs principaux: les voix de : Stefan Godin, Thimothé Vom Dorp et Vincent Ropion
  • Date de sortie: 29/03/2017
  • Nationalité: Américaine

« Baby boss » est le dernier né des studios Dreamworks, créateur de grands classiques de films d’animation depuis les années 2000, avec « Shrek », « Madagascar » « Kung fu panda », ou encore « Dragons » pour ne citer que les plus connus. A l’origine de la saga « Madagascar », Tom McGrath s’est identifié au conte pour enfants de Marla Frazee « The boss baby » pour la relation entre frères pendant l’enfance. Ce conte, sorti en bande dessinée en 2010, se concentre sur le Baby Boss, un bébé pas comme les autres, vêtu d’un costume et d’un attaché-case. Pour l’adaptation au cinéma, Tom McGrath a voulu donner plus de place au grand frère, abordant le thème savoureux de la rivalité fraternelle. Il déclare : « On s’est rendu compte que très peu de films pour enfants abordaient le sujet de l’inquiétude liée à l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, et pourtant c’est l’un des éléments constitutifs de l’équilibre familial : partager l’amour des parents, surmonter l’inévitable sentiment de jalousie ». « Baby boss » semble se nourrir de multiples influences : le cinéma de Steven Spielberg pour le côté aventurier de Tim, vivant de véritables expéditions psychologiques à la « Indiana Jones ». Mais le film s’inspire également d’autres grands classiques de Disney (Peter Pan, Mary Poppins et bien d’autres encore).

Dans les premiers instants, « Baby boss » désarçonne un peu, la mise en place du rêve est assez pataude et maladroite. Comme un récit familial tout à fait banal, Tim vit heureux avec ses parents. Le film prend son envol lorsque l’on fait connaissance avec ce Baby Boss, espion qui vient se adopter par les parents de Tim. Sa mission : empêcher la création du nouveau bébé chien dont tous les humains raffoleraient et qui anéantiraient l’amour des parents pour les bébés. Un scénario d’une folle originalité, et même assez barré qui s’autorise toutes les digressions et incohérences volontaires. Le souci de « Baby boss », c’est qu’il risque ainsi de laisser de côté les plus jeunes, qui risquent de ne pas comprendre grand chose, tant les références cinéphiles leur seront étrangères et tant le ton du film est différent. Car, aussi surprenant soit-il, « Baby boss » semble aussi s’adresser aux adultes, avec un sous-texte bien plus présent que d’ordinaire. Le film fait par exemple des allusions sexuelles assez inattendues. Pas autant que « Sausage Party » qui était plus explicite encore. Ici, les enfants ne se rendront compte de rien.

Sans être ni indispensable, ni extraordinaire, « Baby boss » détonne par sa créativité, aussi bien dans son scénario (et cet affrontement hilarant entre bébés et chiens) que par sa touche visuelle en mixant la réalité et l’imaginaire, même si ce dernier prend trop de place dans le récit. Entre « Vice versa » et l’excellent « Cigognes et cie », « Baby boss » se transforme en aventure palpitante qui met l’accent sur le décalage entre Baby Boss et Tim, ennemis au début, complices à la fin. L’animation du visage du Baby boss (un bébé d’une maturité étonnante mais qui doit se faire passer pour un bébé « traditionnel » auprès de ses parents) provoque les meilleurs moments d’humour. Aussi dynamique qu’attendrissant, le film divertit à la hauteur des espérances, sans pour autant parvenir à tenir sur la durée. La faute sans doute à une bande-annonce dévoilant (une fois de plus) les meilleurs moments du film. Mais aussi ce graphisme un peu en dessous. Dreamworks nous a habitué à bien mieux avec la virtuosité de « Dragons » et le mélange des cultures sino-américaines dans « Kung fu panda ». De ce point de vue purement visuel, « Baby boss » fait pâle figure, davantage quand on le compare avec « Tous en scène », « Zootopie » ou « Vaiana », les dernières productions des concurrents Disney et Illumination.

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SCENARIO 81%
MISE EN SCENE 74%
PERSONNAGES 73%
BANDE SON 69%
GRAPHISMES 65%
APPRÉCIATION GENERALE 80%
Vote final

Finalement, si « Baby Boss » ne restera peut-être pas dans les mémoires du cinéma d'animation, le dernier né des studios Dreamworks se démarque par une grande énergie créative. Pas toujours compréhensible pour le jeune public, son récit accorde une grande part (peut-être trop) à l'imaginaire comme refuge et prône l'absurdité comique à tout prix.

Note finale 73%