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TOP 20 des meilleurs films 2018 (selon Alexis)


Encore une riche année de cinéma qui s’apprête à prendre fin. Un peu moins de films vus cette année pour ma part (215 cette année, contre 231 en 2017, et 247 en 2016). Une année 2018 qui aura permis de nouveau à faire émerger les nouveaux talents, tout en confirmant les grands cinéastes (Spielberg, Cuaron entre autres).

Comme je le précise, chaque année, un top 20 reste tout à fait subjectif (et chacun est libre de faire le sien), et celui ci s’opère à l’instant T. De nombreux genres sont représentés à l’exception de la comédie française (encore bien décevante en 2018), ainsi que les films d’animation plus décevants que d’ordinaire. On notera également que le premier semestre de l’année fut plus prolifique que le second, puisque les 9 premiers de ce top 20 sont tous sortis entre janvier et juin, preuve qu’ils ont gardés une trace dans l’inconscient personnel. Soulignons l’absence de quelques films qui manquent de peu ce TOP 20 : « A star is born » (21ème), « Ready player one » (22ème), « First man » (25ème), « The guilty » (26ème) ou encore « Le grand bain » (29ème).

20 – THE DISASTER ARTIST (James Franco)

James Franco a connu une année noire avec des accusations de viol en pleine année post-Weinstein. Cela a fortement impacté son film, qui était promis à faire parti des favoris aux Oscars, et qui n’a même pas été nommé. Si l’on juge uniquement l’oeuvre artistique, « The disaster artist » est pourtant une comédie délirante, centré autour de la personnalité pour le moins farfelue de Tommy Wiseau, réalisant « The room » considéré comme le plus mauvais film de tous les temps. A la fois mise en abîme de la construction si atypique d’un film et comédie décalée sur l’acte de création, « The disaster artist » mérite sa place dans ce top 20, quelque soit les actes supposés ou non de son acteur principal James Franco.

19 – SAUVER OU PERIR (Frédéric Tellier)

Grand moment d’émotion de cette fin d’année, « Sauver ou périr » est un drame absolument bouleversant, rendant d’abord à un hommage vibrant aux sapeurs-pompiers, avant de nous emporter dans un torrent de larmes par la puissance dramatique. Offrant aussi une réflexion autour du couple face à l’épreuve du handicap, le film de Frédéric Tellier permet à Pierre Niney d’atteindre des sommets, et permettant au passage à Anaïs Demoustier, un coup de projecteur encore plus important.

18 – ROMA (Alfonso Cuaron)

Sorti il y’a quelques jours à peine sur la plateforme Netflix, « Roma » s’installe directement à la 18ème, et permet à Netflix d’inscrire un film pour la première fois de mes TOP 20 (depuis 2009). Si le scénario est parfois longuet et les intentions scénaristiques pas toujours claires, « Roma » est un grand film de mise en scène. Cinq ans après « Gravity » (sacré meilleur film de l’année 2013), Alfonso Cuaron continue de nous éblouir par des plans de cinéma majestueux et riches de sens avec une photographie absolument sublime, et devient au fur et à mesure de ses oeuvres un des tout meilleurs cinéastes de sa génération.

17 – LES INVISIBLES (Louis-Julien Petit)

Après deux belles réussites (« Discount » et « Carole Mathieu »,) le jeune cinéaste Louis-Julien Petit enfonce le clou avec ce film social puissant et nécessaire autour d’un centre de jour pour femmes SDF menacé de fermeture. Présenté en avant-première au festival du film d’Arras, ce conte social à la fois hilarant et grave a provoqué un tourbillon d’émotion rare, avec la présence de ces véritables héroïnes du quotidien, et celle de Corinne Masiero (connue pour Capitaine Marleau). Un très grand film qui prouve que Louis-Julien Petit se range aux côtés de Stéphane Brizé et Ken Loach ! A découvrir en salles, très vite (le 9 janvier !)

16 – SAUVAGE (Camille Vidal Naquet)

2018 aura vu l’émergence d’un jeune acteur absolument épatant : Félix Maritaud. Après avoir joué un second rôle dans « 120 battements par minute », l’acteur a ébloui la critique avec le téléfilm « Jonas » mais aussi et surtout ce long-métrage « Sauvage », premier film de Camille Vidal-Naquet. Il y incarne un prostitué en lutte avec lui-même, dans un registre très animal. Si la fin du film déçoit légèrement, « Sauvage » est un drame brut, puissant qui ne laisse jamais indifférent et qui permet à Félix Maritaud de s’inviter à la table des acteurs très prometteurs, que l’on retrouvera à coup sûr aux prochains César.

15 – SANS UN BRUIT (John Krasinski)

D’ordinaire connu pour ses numéros d’acteurs comiques (notamment dans la série « The office »), John Krasinski est passé pour la première fois derrière la caméra, avec ce film d’horreur, simple mais terriblement efficace. La planète est décimée par des monstres réagissant au moindre bruit, on suit donc une famille vivant dans le calme le plus strict dans une maison isolée dans les bois. Mais évidemment, les bêbêtes ne sont pas loin. « Sans un bruit » a connu un véritable buzz aux Etats-Unis et par la même occasion, un succès monstre en salles, à tel point qu’un deuxième film est déjà en production.

14 – HALLOWEEN (David Gordon Green)

Autre grand succès de l’année au rayon des films d’horreur : cette nouvelle mouture d' »Halloween ». La bonne idée de cette suite est de reprendre exactement les mêmes personnages, avec la même temporalité. David Gordon Green détourne avec malice les codes du premier film tout en y faisant constamment référence. Plus violent et sanglant que l’original, ce « Halloween » est une grande réussite, et continue de prouver au cinéma que le slasher est un véritable art qui peut se renouveler.

13 – BOHEMIAN RHAPSODY (Bryan Singer)

« Bohemian rhapsody » a divisé la presse estimant que le film prenait trop de libertés avec la véritable vie de Freddie Mercury, et le public qui a adulé le film et lui permis de réhabiliter l’oeuvre pantagruélique de Queen. Personnellement, je me range du côté des spectateurs pour ce film vivifiant et qui nous offre de purs moments de grâce. Le dernier quart d’heure qui reconstitue le concert de Wembley est absolument bouleversant lorsque l’on sait que Mercury joue sa vie sur scène, et qu’il chante pour l’une de ses dernières fois de sa vie. Si on peut regretter que l’homosexualité du chanteur soit effleurée, « Bohemian rhapsody » est un grand moment de cinéma, et permet à Rami Malek d’atteindre des sommets.

12 – CAPHARNAÜM (Nadine Labaki)

Présenté au Festival de Cannes, « Capharnaüm » est aussi un grand moment d’émotion de cette année 2018. On y suit le jeune Zain qui va porter plainte contre sa famille pour l’avoir mis au monde malgré le manque de moyens. Torrent d’émotion, « Capharnaüm » doit énormément au jeune Zain Alrafeea, réfugié syrien casté par hasard et qui est selon, LA révélation de l’année. Avec une réalisation un peu plus posée et maîtrisée, « Capharnaüm » aurait sans doute eu sa place sur le podium.

11 – FAHRENHEIT 11/9 (Michael Moore)

Parfaitement construit et foisonnant d’informations, le nouveau film de Michael Moore « Fahrenheit 11/9 » est un documentaire absolument passionnant sur les causes profondes de l’élection de Trump, aidé notamment par la corruption et l’inaction des élus démocrates. Richement documenté, le film nous éclaire sur des réalités passées sous silence (la contamination de l’eau dans le Michigan par un élu républicain à des fins financières et capitalistes), établit un parallèle glaçant et juste avec l’accession au pouvoir d’Hitler et des nazis utilisant les mêmes méthodes. A ne pas rater !

10 – BLACKKKLANSMAN (Spike Lee)

On reste en Amérique, avec la renaissance de Spike Lee cette année. Auréolé du Grand Prix au Festival de Cannes cette année, « Blackkklansman » est un vrai film politique d’une grande justesse, tout en demeurant un thriller passionnant où un flic noir accompagné d’un juif pour les apparitions physiques vont faire équipe pour infiltrer dans les années 1970 la secte raciste du Ku Klux Klan qui connaît une incroyable résurgence depuis l’élection de Trump. Spike Lee signe ici un film nécessaire, à la fois drôle et terrifiant, dont la fin sur fond d’image d’archives autour de la poussée des mouvements racistes et antisémites est un énorme doigt d’honneur au président américain actuel.

9 – HOSTILES (Scott Cooper)

Il y’a des films qui ne sont pas du tout attendus, et qui finissent par vous hanter toute l’année. Si Dieu sait que je ne suis pas friand des westerns, « Hostiles » renouvelle le genre en le rendant beaucoup plus humaniste. Sublimé par une photographie exceptionnelle et la performance impeccable de Christian Bale (comme souvent me direz-vous), « Hostiles » nous offre des moments de grâce à l’instar de cette fin où la partition géniale de Max Richter lui confère toute sa beauté.

Et voici en cadeau la bande-son de cette séquence finale :

8 – JURASSIC WORLD 2, Fallen Kingdom (Juan Antonio Bayona)

Beaucoup plus sombre que ses prédécesseurs, « Jurassic world 2 : Fallen kingdom » nous questionne sur la question du bien-être animal (rare dans un blockbuster de la sorte) et qui, malgré quelques facilités scénaristiques, se révèle beaucoup plus émouvant et rythmé que prévu. Mis en scène avec brio par Juan Antonio Bayona qui a l’art et la manière de nous faire frissonner, cette suite plus profonde et prenante nous accroche au fauteuil et lance la saga sur de nouvelles pistes.

7 – PENTAGON PAPERS (Steven Spielberg)

Grand conte « spielbergien », « Pentagon papers » rend hommage au métier de journaliste avec force et conviction. Contemporain et nécessaire, cette relecture de ce scandale d’Etat méconnu retrouve ses lettres de noblesse sous la houlette de Steven Spielberg et par le jeu impeccable de Tom Hanks et Meryl Streep. En bref, une 7ème place plus que méritée pour Spielberg qui nous aura enchanté aussi dans un style très différent avec « Ready player one ».

6 – EN GUERRE (Stéphane Brizé)

Trois ans après « La loi du marché », le duo Stéphane Brizé/Vincent Lindon frappe de nouveau avec un drame social engagé, juste et terriblement d’actualité. En prenant les contours à la fois d’un film documentaire et d’un thriller, « En guerre » est un film coup de poing qui dénonce avec pédagogie un système injuste et inhumain. Utile, nécessaire et sans concession !

5 – CALL ME BY YOUR NAME (Luca Guadagnino)

Nommé à quatre reprises aux derniers Oscars, « Call me by your name » a remporté l’Oscar du meilleur scénario adapté. « Call me by your name » est surtout une merveille d’intelligence, de douceur et de sensualité. Ce film révèle surtout l’étincelant Thimothée Chalamet, un talent à l’état pur. Ce délicieux récit des premiers émois adolescents empreint de nostalgie se conjugue parfaitement avec la photographie naturaliste d’une grande splendeur. Le film a été un véritable phénomène en salles, à tel point qu’une suite devrait voir le jour.

4 – LOVE, SIMON (Greg Berlanti)

Phénomène littéraire, « Love, Simon » a tout d’une comédie romantique classique. Sauf que celle-ci raconte l’émoi d’un adolescent homosexuel, et qu’elle est produite par un énorme studio tel que 20th Century Fox. Une petite révolution qui donne au film une grande importance. Attendrissant, bouleversant et nécessaire, ce film nous touche en plein coeur en déjouant tous les clichés et en abordant des questions universelles délivrant un message de tolérance et d’optimisme plus que bienvenue par les temps (durs) qui courent.

3 – 3 BILLBOARDS, les panneaux de la vengeance (Martin McDonagh)

Très inspiré des films des frères Coen, « 3 Billboards » est une véritable pépite, tantôt hilarant, tantôt bouleversant autour du combat d’une mère installant des panneaux au bord de la route pour que l’assassinat de sa fille soit pris avec un peu plus de considération par la police. Grâce à une Frances Mc Dormand absolument parfaite et taillée pour ce rôle (qui a d’ailleurs décroché l’oscar de la meilleure actrice), « 3 Billboards » est un grand film qui aura marqué durablement 2018 malgré sa sortie hâtive dans l’année.

2 – MOI, TONYA (Craig Gillespie)

A la fois hilarant et d’une grande cruauté, « Moi, Tonya » obtient des notes techniques et artistiques proches de la perfection ! Ce portrait en forme de réhabilitation de Tonya Harding, une des icônes les plus détestées, porte en lui une critique sans concession de l’Amérique profonde. Le tout porté par le duo formidable Margot Robbie/Allison Janney. Un très grand sommet d’humour pinçant !

Meilleur film de l’année : JUSQU’A LA GARDE (Xavier Legrand)

Comme l’an dernier (avec « Lion »), c’est à nouveau un premier film qui remporte le TOP 20 du meilleur film de l’année. Maîtrisé et angoissant, « Jusqu’à la garde » est incontestablement une grande oeuvre de cinéma. Le film soulève aussi la question des violences conjugales, là où très peu de films s’y sont collés (hormis le sublime téléfilm consacré à « Jacqueline Sauvage »). Porté par une intensité digne des meilleurs films d’Hitchcock ou d’Haneke, le film doit sa réussite au jeu juste et poignant de ses acteurs, Léa Drucker et Denis Ménochet en tête, mais aussi à son scénario brillant et tétanisant. Un grand cinéaste est né : Xavier Legrand.

Un énorme merci à tous les lecteurs (si nombreux) de Nos meilleurs films ! A très vite pour de nouvelles aventures cinéphiles !

 

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