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TOP 20 des meilleurs films 2017 [Selon Alexis]


Après avoir vu 231 films cette année (contre 247 en 2016), il est désormais l’heure de tirer le bilan de cette année 2017, riche en émotions et en bonnes surprises. Une année 2017 qui présente la particularité d’avoir mise en exergue une flopée de jeunes cinéastes. Ce TOP 20 est chargé de premiers films ou de films signés par des réalisateurs peu connus. Les cinéastes reconnus ont été relégués au second plan (hormis quelques exceptions), et même si certains bons films résistent. L’échec le plus cinglant et révélateur de cette année est celui d’André Téchiné, qui, après avoir remporté le TOP 2016 avec « Quand on a 17 ans » m’a énormément déçu avec « Nos années folles ».Comme je le dis chaque année, ce classement s’établit sur un instant T, cela peut évoluer avec le temps, un film bien classé ne le sera peut-être pas forcément dans le futur, et inversement. Tous les genres ou presque sont représentés dans ce classement : des films d’auteur, des blockbusters, des drames puissants, une comédie, des films d’horreur et un documentaire. Seul le cinéma d’animation est complètement absent de ce TOP 20, malgré ses réussites incontestables (Tous en scène, Coco, Cars 3) échouant près du TOP 20. Soulignons aussi l’absence de vrais bons films, qui manquait un tantinet d’un scénario plus abouti comme « Quelques minutes après minuit » (24ème), « Petit paysan » (27ème) ou encore le récit haletant de Roman Polanski « D’après une histoire vraie » (30ème).

Qui succédera à QUAND ON A 17 ANS, grand vainqueur en 2016 ? (2ème : Réparer les vivants, 3ème : Dernier train pour Busan) ?

Voici désormais mon TOP 20 2017 :

20 – DUNKERQUE (de Christopher Nolan)

Chaque film de Christopher Nolan est un événement. « Dunkerque » ne déroge pas à la règle et nous propose de vivre un grand 8 émotionnel à travers le temps et l’espace. Si le scénario n’est pas toujours clair dans les passages de ses différentes époques, « Dunkerque » renouvelle le film de guerre en proposant un parti pris organique et sensoriel, mis en musique avec talent par Hans Zimmer, qui apporte énormément au côté immersif du film.

19 – VISAGES, VILLAGES (d’Agnès Varda et JR)

Empli d’humanité et de tendresse, « Visages, villages » est LE documentaire phare de cette années. Fraîchement auréolée à Hollywood, Agnès Varda signe un road-trip savoureux, poétique et artistique en compagnie du photographe JR. Une rencontre attachante et marquante pour un documentaire immanquable.

18 – KONG : Skull island (de Jordan Vogt-Roberts)

Si cette nouvelle relecture du mythe King Kong pouvait laisser poindre quelques craintes, cette nouvelle mouture signée Jordan Vogt-Roberts (qui signait ici son premier blockbuster américain) est un régal pour les yeux et les oreilles en terme de spectacle. Le film parvient à être un parfait symbole du film de divertissement en croisant « Jurassic Park 2, le monde perdu » et « Apocalypse now ».

17 – THE JANE DOE IDENTITY (d’André Ovredal)

Deuxième long-métrage d’André Ovredal, « The Jane Doe identity » est un huis clos glaçant et angoissant. Le film commence par une longue scène clinique d’autopsie dans les moindres détails pour finir par un film « de fantômes » oppressant et efficace. La mise en scène se jouant intelligemment de l’espace achève de nous convaincre que ce « Jane Doe identity » est un vrai bon film d’horreur, le tout fait avec deux bouts de ficelles.

16- CA (d’Andrés Muschietti)

Sorti en septembre dernier, ce remake d célèbre clown tueur a connu un véritable buzz cette année,et un vrai carton au box-office mondial. Outre ses scores monstrueux, »Ca » est un remake bien meilleur que la version télévisée. Et malgré quelques longueurs, la division en deux parties évite au récit de s’éparpiller. Notons la performance hallucinante de Bill Skarsgard.

15- BORG/McENROE (de Janus Metz Pedersen)

Vu en avant-première lors du Festival d’Arras, « Borg/McEnroe » retrace la célèbre confrontation des deux tennismens durant le tournoi de Wimbledon en 1980. Au delà d’une retranscription fidèle des faits, « Borg/McEnroe » est un film brillant sur la rivalité de deux hommes, aussi bien dans leur psychologie que dans leur jeu. Fascinant et brillamment mis en scène.

14 – UN SAC DE BILLES (de Christian Duguay)

Si le film a connu un bon succès (plus d’un million d’entrées), cette nouvelle adaptation d' »Un sac de billes » est sans aucun doute l’un des meilleurs films français traitant de la seconde guerre mondiale sur notre sol. Cinq ans après « Jappeloup », Christian Duguay marque une fois de plus les esprits avec ce drame historique empreint de réalisme, d’une force de ses images et d’un discours intemporel. Mention spéciale au jeune Dorian Le Clech remarquable de justesse !

13 – LES OUBLIES (de Martin Zandvliet)

Autre film sur l’enfance brisée, toujours au moment de la Seconde Guerre mondiale. Mais on suit cette fois des jeunes allemands retenus prisonniers par des soldats danois, et chargés par ces derniers de désamorcer les opus déposés par les allemands sur les côtes danoises. Brillant et étouffant, « Les oubliés » met en lumière cette jeunesse sacrifiée et broyée, avec ce paradoxe d’une vengeance interminable et injuste. Et une nouvelle fois, c’est un premier film (pour Martin Zandvliet). A découvrir d’urgence.

12 – MARVIN OU LA BELLE EDUCATION (d’Anne Fontaine)

Libre adaptation de l’oeuvre d’Edouard Louis « En finir avec Eddy Bellegueule », « Marvin ou la belle éducation » est un sublime film qui met en scène la culture comme vecteur de liberté et d’émancipation. Incarné avec talent par Finnegan Oldfield et le jeune Jules Porier, « Marvin ou la belle éducation » est un film nécessaire, qui bénéficie d’un montage malin alternant entre les deux époques pour entrer dans la psychologie d’un être.

11 – LIFE, origine inconnue (de Daniel Espinosa)

Présenté comme un mix entre « Alien » et « Gravity », « Life, origine inconnue » ne fait pas honte à ces illustres parrains, bien au contraire. Huis clos oppressant et véritable film de genre, « Life » nous questionne également sur la volonté de toute forme de vie. Une réussite formelle pour un cauchemar sans fin, nous laissant la porte ouverte à une possible suite.

10 – TUNNEL (de Kim Seong-Hun)

En 10ème place, on retrouve encore un huis clos. Après l’horrifique « Dernier train pour Busan » (3ème de mon top 2016), le cinéma sud-coréen nous a encore offert une belle pépite. On y suit un homme coincé dans un tunnel qui vient de s’effondrer. Récit simple mais efficace. Kim Seong-Hun parvient à réinventer le film catastrophe en le menant sur un terrain plus politique, en pointant l’absurdité du gouvernement et sur l’importance d’une vie humaine en comparaison à l’argent. Un grand film à découvrir.

9 – LE SENS DE LA FETE (d’Eric Toledano et Olivier Nakache)

Six ans après « Intouchables » (classé 4ème de mon TOP en 2011), le duo Eric Toledano/Olivier Nakache frappe à nouveau. En nous proposant de suivre un mariage du côté des coulisses, « Le sens de la fête » est incontestablement la meilleure comédie de l’année et la seule présente dans ce TOP 20. Portée par un Jean-Pierre Bacri bluffant, cette comédie hilarante et rythmée est aussi maligne lorsqu’elle aborde les difficiles conditions sociales de ces employés d’un soir.

8- LA LA LAND (de Damien Chazelle)

Tout ou presque a déjà été dit sur « La la land », multi-récompensé un peu partout dans le monde. Brillante comédie musicale, « La la land » est un formidable hommage rendu à l’Hollywood d’antan et aborde nos rêves confrontés à la dure réalité. La musique est entrainante, le duo Emma Stone-Ryan Gosling renversant et les chorégraphies impressionnantes (dont la scène d’ouverture tournée en plan-séquence). Sans parler de la mise en scène ingénieuse et grandiose de Damien Chazelle qui confirme après « Whiplash »  Un film incontournable de cette année !

7 – 120 BATTEMENTS PAR MINUTE (de Robin Campillo)

Après avoir renversé le Festival de Cannes d’où il est reparti avec le Grand Prix et la Queer Palm, « 120 battements par minute » est sorti en salles à la fin de l’été. En abordant le combat des militants d’Act-Up Paris au début des années 1990 pour alerter l’industrie pharmaceutique sur les ravages du sida, « 120 battements par minute » bouleverse par son universalité et le destin d’hommes et de femmes courageux(ses), qui ont à leur échelle changé l’Histoire. Le meilleur film français de l’année !

6 – THE LAST GIRL, Celle qui a tous les dons (de Colm McCarthy)

Véritable tournant dans le sous-genre tant balisé du film de zombies, « The last girl » se révèle être d’une grande intelligence et d’une folle originalité dans son récit. Haletant et ébouriffant, ce film britannique de Colm McCarthy (plus habitué à la réalisation de séries télé) est une profonde réflexion sur la mince frontière entre humanité et bestialité. Un grand film à découvrir d’urgence !!

5 – LOVE HUNTERS (de Ben Young)

Premier film de Ben Young, « Love hunters » est un thriller australien d’une grande qualité. Si le point de départ peut paraître basique (l’enlèvement d’une adolescente par un couple qui la séquestre chez eux), « Love hunters » est d’une maîtrise technique remarquable. Jamais ennuyeux, le thriller, incarné par des acteurs inconnus, détonne à la fois dans la douceur et la puissance de sa mise en scène. Un cinéaste est né, et sera à suivre de très près.

4 – SEULE LA TERRE (de Francis Lee)

Sorti il y’a seulement quelques semaines, « Seule la terre » est l’invité surprise de dernière minute de ce TOP 2017. Il s’agit une nouvelle fois d’un premier film qui fut récompensé aux festivals de Sundance et de Dinard. « Seule la terre » suit Johnny un paysan devant soutenir seul son père handicapé et sa grand-mère et passant ses nuits à sortir et enchaîner les relations sans lendemain. Jusqu’au jour où il fait la rencontre d’un jeune roumain Geroghee venu l’aider à la ferme. Ce dernier va peu à peu l’ouvrir à l’amour. Il aura donc fallu attendre le 16 décembre pour découvrir la plus belle histoire d’amour de l’année. Sous des faux airs de « Brokeback Mountain », « Seule la terre » est un film à la fois brut et solaire, porté par deux acteurs formidables (Josh O’Connor et Alec Secareanu). Un film indispensable !

3 – SEVEN SISTERS (de Tommy Wirkola)

Réalisé par Tommy Wirkola (un quasi-inconnu jusqu’ici), « Seven sisters » est une dystopie terrifiante qui nous tient en haleine de bout en bout. Tout y est (ou presque) : un suspense grandissant, un scénario original et très bien ficelé, un sous-texte glaçant, une actrice extraordinaire (la performance de Noomi Rapace est exceptionnelle), une mise en scène au cordeau, des scènes d’action palpitantes et violentes et un double twist final surprenant. Un énorme plaisir de cinéma !

2 – MOONLIGHT (de Barry Jenkins)

Fresque triptyque lumineuse et troublante, « Moonlight » est indéniablement un grand film, en témoigne son Oscar du meilleur film obtenu cette année dans une énorme confusion (« La la land » fut d’abord « appelé » avant que la bourde ne soit corrigé). Esthétiquement parfait, narrativement intelligent, le film impressionne par sa force empathique et technique teintée d’une sobriété remarquable. Sans le léger manque d’émotion et le fait qu’on aimerait que le film dure plus longtemps, la nouvelle « sensation du cinéma indépendant américain » signée Barry Jenkins aurait sans doute atteint la perfection.

MEILLEUR FILM DE L’ANNEE 2017 :

LION (de Garth Davis)

Captivant et bouleversant, « Lion » est une épopée extraordinaire qui nous saisit dans son humanité la plus profonde. Ce récit inspiré d’une improbable histoire vraie vous transformera en véritable serpillière dans cette quête poignante de détermination à toute épreuve. Une pure merveille à voir absolument, sans oublier sa boite de mouchoirs ! Une première place pour ce drame lumineux indélébile.

2017 s’achève, n’hésitez pas à commenter cet article.

Place désormais à 2018, d’avance, bonne année (cinéphile) à tous !!

 

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