Actualités

Festival international du film d’Amiens : Résumé de la journée du Samedi 12 Novembre


Après une ouverture festive de ce 36ème Festival du film (dit FIFAM) avec le « monstrueux » Freaks de Tod Browning, à laquelle je n’ai pas pu assister, on rentre en plein festival avec ce samedi, 1ère journée « entière », avec au programme, UNIQUEMENT des films en compétition. Ne résidant pas à Amiens, je ne pouvais pas rester trop tard le soir, et c’est donc sur 3 projections que ce résumé s’établit.

Tout commence donc par une matinée assez lumineuse que ce FIFAM 2016 commence ! Après avoir récupéré le précieux sésame me permettant de retranscrire mes impressions, ce Festival a commencé dans une salle clairsemée par :

11 h : Compétition Moyens-métrages : LE JARDIN D’ESSAI + 5 NUITS

2-copie-1060x460

Deux moyens-métrages donc, pour débuter ce festival. Et comment dire…deux films très très moyens…

Premier film projeté, JARDIN D’ESSAI de Dania Reymond

Dans un parc tropical d’Alger, Samir, un réalisateur, rencontre des acteurs et les fait répéter. Son prochain film est un conte mettant en scène les jeunes d’une ville assiégée. Mais en pleine répétition l’équipe se retrouve confrontée aux mêmes questions que leurs personnages.

Premier film et …première déception…On y suit donc un tournage en train de se faire. Rien d’hyper original, de nombreux courts-métrages mais aussi de nombreux longs ont abordés la question du tournage comme l’envers du décor (de l’introduction du « Mépris » de Godard, au sublime « Super 8 » de J.J Abrams en passant par le dernier film des frères Coen « Avé César » entre autre). A la fois très verbal dans la répétition d’un texte que naturaliste dans la mise en scène de ce jardin, ce moyen-métrage se révèle trop expérimental pour convaincre. Après dix premières minutes sympathiques, le scénario s’effiloche et se révèle très incomplet, malgré l’énergie des personnages.

Juste après, fut proposé : CINQ NUIT de Guillaume Orignac

Suite au décès de son grand-père, Simon est venu s’occuper de la maison vacante. Sa sœur Clara lui a aussi demandé d’y retrouver un film qu’il aurait tourné au temps des colonies. Sauf que le grenier est fermé. Et que Simon se persuade qu’il n’est pas seul. Les rues de la ville se vident. Mais les nuits deviennent agitées.

Dès les premiers instants, Cinq nuits développe un univers très trouble…Présenté comme un film proche de celui de David Fincher (autant dire que la barre est haute !!), le film s’enfonce peu à peu dans une atmosphère sombre voire glauque autour du deuil du grand-père de Simon, qui hante encore les lieux. Alors que le film laissait présager d’un film de genre brillant, on reste dubitatif devant ce film trop complexe qui cherche à intellectualiser à outrance les hallucinations du personnage. Si la plastique du film est prometteuse, le récit est loin d’être aussi maitrisé que les films de David Fincher.

Je regrette de ne pas été revoir « Au revoir les enfants » de Louis Malle, passant à la même heure…

Après une pause déjeuner pour se remettre de cette matinée décéptive, on poursuit avec le démarragde la compétition longs-métrages, à commencer par :

14 h : LE PARC de Damien Manivel

le-parc

C’est l’été, deux adolescents ont leur premier rendez-vous dans un parc. D’abord hésitants et timides, ils se rapprochent au gré de la promenade et tombent amoureux. Vient le soir, l’heure de se séparer… C’est le début d’une nuit sombre.

Après être venu en 2014 pour présenter son premier long-métrage « Un jeune poéte » (le seul long-métrage en compétition que je n’ai pas pu voir il y’a deux ans), Damien Manivel revient pour présenter « Le Parc », projeté en avant-première puisque le film ne sortira que le 4 janvier 2017. Il raconte une journée (et une nuit) dans un parc pour suivre une première rencontre amoureuse. En réalité, le film se décompose en 3 parties, comme pour aborder l’amour du début à la fin. La première partie suit la rencontre de deux adolescents se donnant rendez-vous dans un parc. Axé sur des conversations parfois banales de deux ados qui cherchent à se connaitre, on reste captivé devant cet amour naissant avec des baisers échangés traduisant d’une ébauche d’histoire d’amour. La fin de la journée s’approche, le garçon doit s’en aller, la fille veut encore profiter de ce parc quelques instants.

Avant de basculer dans la nuit (et par la même occasion dans la seconde partie), le crépuscule comme point de basculement d’une partie à l’autre (et du jour et de la nuit) vient lors d’une conversation sms incrustée à l’écran, où le garçon indique à la fille qu’il est en couple et qu’il veut mettre un terme à leur histoire naissante. Mis en scène par un long plan-séquence somptueux de 15 minutes, le film nous lance dans une seconde partie beaucoup plus brouillonne et casse-gueule, autour de la rencontre de cette fille avec un gardien du parc demandant à celle-ci de quitter les lieux. Basculant dans un registre quasi-fantastique, « Le parc » est un objet singulier, à la fois doucement poétique tout en abordant la psychanalyse de Freud. Manivel filme en 4/3 cette histoire, à la fois par goût (comme il l’a confié à la fin de la séance, que par volonté « d’unifier le parc en lui donnant un univers mental »). Alors que le cinéaste a fait appel à deux comédiens amateurs, ce qui apporte une certaine fraîcheur à l’ensemble, « Le Parc » prend la forme d’un conte (au départ conte pour enfants du style « ils vécurent heureux… » avant de sombrer dans le conte horrifique).

Si le film est pavé de bonnes intentions, on regrette que cette seconde partie soit si opaque et si décalée par rapport à la première partie nettement plus maîtrisée. On ressort du film avec un amer goût d’inachevé, en témoigne cette fin ouverte sur 2 fins diverses (le rêve ou le cauchemar). Dommage !!

Note : 67%

Peu après, s’en est suivi, un deuxième film en compétition :

16h : THE ROAD TO MANDALAY de Midi Z

 

THE-ROAD-TO-MANDALAY_web-710x399

 

Un homme et une femme qui n’ont rien en commun à part d’être des immigrés illégaux birmans se rencontrent à Bangkok. Elle est tout pour lui, mais elle tente désespérément de se hisser sur l’échelle sociale. Finalement, le destin les mène à la tragédie.

Tournés en secret à cause de la censure birmane très stricte, les films de Midi Z sont l’occasion d’une contestation du système par le prisme de la corruption. Son dernier film Ice Poison a eu la reconnaissance d’avoir été choisi pour représenter Taiwan lors des Oscars en 2014. Avec « The road to Mandalay », on rentre dans la vie de cette femme, immigré birmane qui va tenter de s’intégrer dans la société thailandaise. Evidemment, le film entre en résonnance pour nous français, avec la crise des réfugiés en Europe, et Midi Z parvient à capter tout le désespoir de cette femme qui veut gagner sa vie (d’abord en faisant la plonge dans un restaurant, puis en travaillant à l’usine). Mais ses rêves sont sans cesse refoulés par son manque des papiers, qui devient progressivement comme une chimère qu’elle ne pourra jamais avoir.

On a beaucoup de mal à rentrer dans ce film par la situation assez complexe de départ. Passé l’introduction, on suit cette histoire de corruption se déployant d’une manière abrupte. Très proche de la vie de ses personnages (par des scènes quotidiennes comme le repas sur le pouce), le film dépeint une société thailandaise pourrie jusqu’à l’os, dont la complexité des rouages n’est pas toujours simple à comprendre, appuyée par des longueurs (le film dure 1h48). Aussi brutal que saisissant, le final extrêmement violent et d’une noirceur ultime finit par montrer l’absence de solution. Un film ultra pessimiste, à ne pas voir si vous avez le moral à zéro, mais qui a des grandes qualités de mise en scène, en particulier cette photo ci-joint où la jeune femme se retrouve emmélée dans la toile de la société, symbolisés par les fils de cette usine.

Note : 67%

Programme du dimanche 13 : Deux films en compétition : WULU et LE CIEL FLAMAND,

Restez connectés !

email