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Festival international du film d’Amiens : Résumé de la journée du Dimanche 12 Novembre


Après une première journée bien chargée, place à la deuxième des trois journées passées au Festival d’Amiens. (La prochaine et dernière sera mercredi). Une journée intéressante sur le papier, même si un souci technique a malheureusement quelque peu gâché cette journée.

11h : Compétition Courts-métrages Programme 2

Après le premier programme d’hier qui a vu un film sortir véritablement du lot (LA FACE CACHEE DU PERE NOEL), place au deuxième et dernier programme, composé de 4 films.

C’est un film américain THE RABBIT HUNT (de Patrick Bresnan) qui a ouvert le programme.

Dans les Everglades de Floride, la chasse aux lapins est comme un rite de passage pour les jeunes hommes. Chris et sa famille chassent dans les champs de l’une des plus grandes fermes sucrières des Etats-Unis. Une tradition selon laquelle des travailleurs agricoles des communautés entourant le lac Okeechobee chassent les lapins depuis le début des années 1900.

Annoncé comme un des films coup de coeur de la Présidente du Festival Annouchka De Andrade, « The rabbit hunt » est un film à la lisière du film documentaire troublant et finalement très réussi. On y suit une journée entière dans la vie de Chris et sa famille spécialisés dans la chasse aux lapins. Parfois drôle avec une mise en scène au plus proche des personnages, « The rabbit hunt » est un film qui sublime les traditions avec une sublime photographie, malgré quelques images difficiles pour les âmes sensibles avec le dépeçage des bêtes.

L’autre grande réussite de ce programme fut le dernier film :  FEFE LIMBE (de Julien Silloray).

Féfé vit son premier chagrin d’amour. Il a 65 ans.

Dans ce programme de courts-métrages, le cinéma d’outre-mer a la côte ! Après « La face cachée du père Noel », la Guadeloupe était cette fois à l’honneur avec « Féfé Limbé », qui a remporté le Prix du court au Festival du court-métrage Antilles-Guyane. « Féfé Limbé » suit donc cet homme de 65 ans, quitté par sa femme pour laquelle il éprouve toujours de l’amour. Lassé de voir la maison désordonnée de Féfé, ses proches vont le faire s’inscrire sur un site de rencontres. Plaisant et mettant en scène un véritable personnage attachant, « Féfé Limbé » respire l’authenticité, de par son personnage principal et de par sa situation réaliste montrant qu’il n’y a pas d’âge pour s’aimer. Le final du film laisse court à notre imagination, avec une fin à double sens où le terme « se jeter à l’eau » n’a jamais si bien porté son nom.

Je serai extrêmement rapide sur les films BABIES (Yuval Shapira) et MHAZA KUNGUMANGA (Mounir Allaoui). Deux films assez insipides et sans grand intérêt. Particulièrement pour le deuxième film cité, pour lequel le son couvre littéralement les paroles, ce qui le rend presque inaudible.

En toute logique, j’aurai du aller voir le film en compétition LE RIRE DE MADAME LIN. Malheureusement, un problème technique a retardé la séance de 45 minutes, et pour ne pas chambouler la suite du programme, j’ai opté pour un autre film, un documentaire pour être précis, classé en compétition.

14h15 : UN OPERA DU MONDE (Manthia Diawara)

« Je me suis inspiré du Chaos-Opéra d’Edouard Glissant pour créer un lien entre Bintou Were, un opéra du Sahel et les migrations. Une rencontre entre différents arts cherchant un sens derrière les migrations humaines et les nouvelles cultures. Pour faire progresser, le récit des experts prouvent qu’à travers l’Histoire de tels mouvements (migrations/immigrations) ont plus souvent étés à l’origine de nouvelles humanités dynamiques que d’assymétries culturelles et craintives. J’y inclus un poète (Glissant), des historiens, sociologues, auteurs et une journaliste. Je voulais aussi montrer que cet opéra est visionnaire et remets en question nos concepts d’hospitalité, d’empathie et de dignité. Comme le disais Glissant, nous sommes en danger si nous perdons notre capacité de vibrer avec les émotions des autres, les migrants. »

Au vu du résumé, ce film documentaire n’a rien de très alléchant. Même si le terrible sort des migrants est parfois passionnant à l’instar du documentaire « Fuocoammare », le mélange des genres avec l’opéra me laissait perplexe. Et effectivement, mes craintes étaient justifiées. « Un opéra du monde » souffre du même problème que « Cancelled faces », le film en compétition vu la veille. A savoir un documentaire scindé en deux parties. Une partie très intéressante qui aurait méritée à être traitée plus en profondeur, et une partie inintéressante et déconnectée du film qui prend beaucoup trop d’importance! Ici, c’est l’opéra qui prend ce rôle et qui rend un documentaire lourd, pataud et nous sort du sujet principal. Dans sa dernière demie-heure, « Un opéra du monde » semble enfin se recentrer sur la question des migrants. Avec notamment un questionnement très intéressant sur une forme de cannibalisme de notre société, qui veut prendre le meilleur d’une culture (la mode, la nourriture, certaines coutumes) d’une population tout en rejetant la personne à qui appartient cette culture. C’est particulièrement vrai sur les migrants mais cela s’applique également sur d’autres communautés parfois rejetés ou prises à parti (les musulmans, les asiatiques, les homosexuels entre autres) mais à qui l’on pique le mode d’habillement, les coutumes, les coiffures, la nourriture. Cette partie est indéniablement la plus passionnante, et illustre selon la cinéaste, le capitalisme exacerbé de nos société.

Pour terminer la journée, place à un film d’animation en avant-première :

16h : ERNEST ET CELESTINE EN HIVER 

Ernest est un gros ours de Charabie. Il aime jouer de la musique et manger de la confiture. Il a recueilli chez lui Célestine, une petite souris orpheline et ils partagent désormais une maison. Les deux compères ne s’ennuient jamais ! À l’approche des premiers flocons, ils se préparent à l’hibernation d’Ernest : il faut s’occuper de Bibi, leur oie sauvage, qui s’envolera avant les grands froids, se rendre au bal des souris et y fêter le premier jour de l’hiver. Enfin, il ne faut surtout pas oublier de cuisiner de bons gâteaux pour qu’Ernest s’endorme le ventre plein !

Vu en avant-première (le film ne sortira que le 22 novembre), « Ernest et Célestine en hiver » contient 4 courts-métrages. Contrairement au premier film qui se focalisait sur la rencontre et le début de l’amitié entre l’ours et la souris, on assiste à quatre petits films d’une dizaine de minutes chacun. Mignon et véhiculant de belles valeurs, ce « Ernest et Célestine en hiver » est un petit bijou esthétique. J’aurai l’occasion d’y revenir dans un prochain article complet.

 

A très vite sur Nos meilleurs films !

 

 

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