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Festival international du film d’Amiens : Jour 5 (5/8) – Mercredi 19 Novembre


5ème jour (déjà) au Festival du film d’Amiens, et c’est fou ce que le temps passe vite, puisque nous sommes, depuis ce matin, à la moitié du festival, et nous entamons la seconde partie de ce festival, que j’espère aussi riche que la première partie. Après avoir été interviewé rapidement ce matin sur ce qui me plaît le plus dans ce festival (à savoir la diversité des films et des rencontres), je débutais cette journée qui devait être placée sous le signe des courts-métrages et des rencontres. Certes, elles ont eu lieue, mais pas forcément celles que j’attendais.

11 h : COURTS-METRAGES AFRICAINS de Jean-Michel Kibushi

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En effet, la journée devait commencer par une rencontre avec Jean-Michel Kibushi, réalisateur de films d’animations congolais. Malheureusement, ce dernier n’était pas présent et 5 de ses courts-métrages furent donc projetés sans lui. Avec son studio Malembe Maa, il instaure un style d’animation très différent des studios Pixar, Dreamworks, Blue Sky ou encore Ghibli pour ne citer que les plus connus. Son cinéma supprime tout effet de relief pour ne laisser que des images en stop-motion en 2D. Ses personnages paraissent articulés comme des marionnettes et le style visuel se veut très naturaliste (la nature est placé au-dessus de tout). Malgré cela, les 4 courts-métrages que j’ai vu ne m’ont pas totalement séduit, à cause d’une omniprésence de la voix-off (certainement de Kibushi lui-même), qui s’égare dans une histoire pas toujours claire et qui emprunte à des rites vaudous.

Après la pause déjeuner, j’ai croisé et échangé quelques mots avec Carlos Conceiçao, dont le festival a fait honneur avec le projet Pygmalion. En plein déjeuner, je lui ai simplement souhaiter un bon appétit, dit que j’appréciais son travail d’un point de vue esthétique et que je serai là pour la deuxième partie de Pygmalion, ce qui lui a visiblement fait plaisir. Il a vraiment l’air sympa et très ouvert humainement en tout cas, une des belles rencontres de ce festival, assurément !

14 h : Rencontre avec la Fémis + films Fémis

Juillet électrique !

 

Juste après cette rencontre impromptue, nous reprenons le fil du programme avec la rencontre avec la Fémis et la projection de 3 films de fin d’études. Renommée et exigeante, la Fémis (ou l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son) est composée de 5 cursus, qui nous ont été présentés (le cursus principal, le cursus scripte, le cursus distribution-exploitation, le cursus création de séries Tv, le doctorat de création Sacre). Après la rapide présentation des formations, place aux films. Et je vais m’arrêter sur le film qui m’a particulièrement plu :

JUILLET ELECTRIQUE (Rémi Bigot)

Le pitch ? Dans la chaleur du mois de juillet, Thomas et Victor, deux adolescents de quatorze ans, s’ennuient et veulent s’échapper. Victor décide d’emmener Thomas le long d’un pont abandonné. Ce dernier, craintif, le suit. Il va devoir affronter ses peurs et ses désirs le long de ce pont à l’issue incertaine.

Dernier des trois films présentés, « Juillet électrique » aborde de manière brute le sentiment amoureux dans un cadre sans cesse craintif. Tourné dans les très beaux décors naturels du Loir-et-Cher, le film est à la fois violent et doux, brutal et sensible. L’action débute par ces deux jeunes jouant autour d’éoliennes en pleine nuit. L’éolienne étant le symbole le plus fort d’une « énergie sous-terraine », de quelque chose de froid extérieurement et qui produit de l’électricité, donc quelque chose de chaud. Tout le récit va jouer de cette manière subtile, à jouer avec les contraires tout en les reliant aux sentiments intérieurs de Thomas. La grande force de Rémi Bigot est de faire passer son film d’un état à l’autre en un fragment de seconde, comme la scène où Thomas observe le corps nu de son copain Victor endormi, moment d’une sensibilité suspendue jusqu’à ce que la caméra bascule sur le visage de Victor, qui regarde droit dans les yeux Thomas (et nous spectateur), ce qui nous fait passer dans l’état de peur pour le personnage. Ou encore la scène du couteau, le climax du film où les sentiments de Thomas sortent au grand jour, au moment le « plus dangereux » pour sa main!! La suite du film bascule dans une sorte d’initiation introspective aux sentiments du jeune garçon, qui oscille entre merveilleux (la photographie est splendide) et crainte perpétuelle (l’homme mystérieux et inquiétant du pont). Le saut final dans l’eau est une invitation à suivre ce jeune réalisateur, sorti tout droit de la Fémis à qui je souhaite tout le meilleur pour la suite !!

Un rapide mot également du film « One in the million » de Paul Guilhaume, que j’ai plutôt apprécié, malgré des longueurs. C’est surtout la question du rapport intérieur/extérieur (qui est en lien avec mon sujet de mémoire!) avec ce travail de la lumière intérieur qui ouvre d’autres horizons sur l’extérieur. Enfin, j’ai apprécié le rapport entre l’intérieur qui trouve un écho minimisé par une situation extérieure. Exemple : on voit à la TV un énorme incendie en Californie, et on revient sur le personnage qui est en train de fumer une cigarette électronique, sans feu donc. Et le film poursuit cette recherche à la fois esthétique et documentaire, assez plaisante.

Je suis d’ailleurs désolé de ne pas avoir pu rester plus longtemps pour le débat avec les réalisateurs, mais la suite du programme n’attendait pas…

16 h : Compétition Moyens-métrages 

LES FLEUVES M’ONT LAISSE ALLER OU JE VOULAIS (de Laurie Lassalle)

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C’est l’histoire de Flore, 18 ans, qui rejoint Arthur à une fête qui n’existe pas. Sur leurs routes, personnages étranges et hallucinations les conduisent au bout de la nuit. Sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes, ce premier court-métrage de Laurie Lassalle s’inspire d’un vers de Rimbaud, et se veut très poétique. La grande force du film naît dans sa photographie superbe, et dans ses décors naturels, oscillant entre mystère et poésie. Si l’histoire m’a paru bien plus confuse et finalement sans but précis, cette déambulation spatiale possède des qualités visuelles (et sonores) indéniables du film me donnent envie de suivre de près les prochains films de cette réalisatrice, qui a déclaré que « la poésie pourrait nous sauver ».

GUY MOQUET (de Demis Herenger)

guy moquet

Guy Moquet a promis à Ticky de l’embrasser au crépuscule en plein mlieu du quartier devant tout le monde. Peut-être pas si fou? mais peut-être pas si simple? Tourné à Grenoble dans le quartier de la Villeneuve, dans le sillage de l’association Vill9 crée en 2010, en réaction au discours de Grenoble, prononcé par Nicolas Sarkozy. Ce film est comme le film précédent, un film très poétique mais posé dans une réalité plus terre-à-terre dans une réalité des banlieues. Mais le film n’est pas seulement un film de banlieues, le film se révèle assez drôle et révèle les clichés, et même s’il est loin d’être parfait, il donne à voir une énergie assez plaisante.

A noter qu’à la fin du film, j’ai pu m’entretenir avec un réalisateur d’un autre moyen-métrage en compétition, Nicolas Sarkissian, dont le précédent film « Fracture » (présenté au Festival en 2010) m’avait laissé un sacré souvenir !

18 h (ou plutot 18h30) : PYGMALION 2 

carne conceiao

Si le début de journée a été quelque peu contrarié par l’absence de Jean-Michel Kibushi, la fin de journée allait aussi subir un autre changement important ! Le film d’avant ayant pris du retard, la séance de Pygmalion n’a commencé qu’à 18h30, et non  18h! Et comme je devais partir impérativement à 19h pour mon train, cette 2ème séance de Pygmalion fut quelque peu gâchée, et je n’ai pu assister qu’à la projection de CARNE. Dans la lignée de « Boa Noite Cinderela », le cinéma de Carlos Conceiçao continue d’explorer une sorte de folie décalée en mêlant certains thèmes à d’autres. Dans « Carne », on trouve deux parties, une partie où l’on découvre qu’une jeune nonne traverse une crise conjugale avec Jésus Christ son mari. Et une deuxième partie, assez hilarante où elle se retrouve en dehors de son monastère à draguer une autre homme. Le film reste dans une atmosphère et dans un style visuel très proche de son film de la veille, tout en abordant une tout autre histoire. Quel regret en tout cas, de ne pas avoir pu assister aux deux autres films du si prometteur réalisateur portugais !!

Au programme (très riche) de la journée de demain :

Le retour de la compétition internationale :

–> « Ventos de Agosto », 4ème film en compétition

–> « Félix et Meira », 5ème film en compétition, et qui est salué et adoré par tous ceux qui l’ont vu !

–> « Un jeune poète », 6ème film en compétition

–> « L’amour, c’est gai, l’amour c’est triste », avec la présence exceptionnelle de Jean-Pierre Marielle

Demain est un autre jour !!

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