Actualités

Festival International du film d’Amiens : Jour 4 (4/8) – Mardi 18 Novembre


Nous voilà déjà au 4ème jour de ce Festival du film d’Amiens, une journée particulièrement allégée aujourd’hui, avant une deuxième partie de festival qui s’annonce particulièrement intense (entre la 2ème moitié des films en compétition, des rencontres avec la Fémis et Jean-Pierre Marielle ou encore la masterclass de Vittorio Storaro).

Après la découverte de la salle de presse bien cachée, et dont j’ignorais l’existence, j’ai entamé cette courte journée par la rencontre avec Carlos Conceiçao.

11h : Pygmalion (1ère partie) avec BOA NOITE CINDERELA

Jeune réalisateur portugais

Jeune réalisateur portugais

Pygmalion, Késako? Un nouveau projet développé par le Festival pour mettre en avant le travail d’un jeune réalisateur. Outre la projection de ses films dans le cadre du Festival, la visée de ce programme est multiple : la diffusion de ce programme dans les salles de cinéma toute l’année, une séance spéciale à la Cinémathèque, une résidence à la Villa Médicis, ou encore l’édition d’un DVD des oeuvres complètes du réalisateur, un an après le lancement du programme. Pour cette première édition, c’est donc le jeune réalisateur portugais Carlos Conceiçao qui inaugure ce nouveau dispositif, en nous présentant son film « Boa Noite Cinderela », (avant la présentation de 3 autres de ses courts-métrages demain soir).

« Boa Noite Cinderela » est un film original et réadapte de manière poétique le conte de « Cendrillon » en se focalisant sur le point de vue du prince. Outre son originalité, le film est une proposition stylistique très intéressante. A la genèse de cette histoire, Carlos Conceiçao s’est rendu compte que le point de vue du prince n’a jamais été abordé dans cette histoire, maintes fois réadaptée. Tourné en 6 jours, et monté en 2 ans, le film a bénéficié d’un budget très limité (7.000 euros, ce qui peut paraître beaucoup mais ce qui est en réalité très peu pour un court-métrage de 30 minutes). Je partage néanmoins l’avis de l’homme qui est intervenu, à savoir que le film ne va pas assez loin dans la relation écuyer-prince. Le réalisateur a déclaré vouloir rester ambigu, ce qui a parfois tendance à aplatir les émotions.

Tourné au Portugal, au palais de Cintra et aux jardins qui l’entoure, Carlos Conceiçao a avoué avoir tourné toutes les scènes d’intérieur en une seule nuit. Il a parlé également des costumes romantiques du XIXème siècle, prêtés par les compagnies de théâtre et partage aussi la proximité avec « Le guépard » de Visconti, dont l’action se déroule en 1860, alors que l’action du film se passe un an avant.

Enfin, le réalisateur portugais a affirmé qu’il n’avait pas de réelles influences conscientes, et qu’il se fiait essentiellement à son instinct pour écrire un scénario et mettre en scène ses idées. 

14 h : WANDA (de Barbara Loden)

wanda

A la suite de l’annulation de la masterclass de Mahamat-Saleh Haroun (hospitalisé), il a fallu modifier son programme et je me suis dirigé vers une oeuvre unique, signée par l’actrice américaine Barbara Loden, et qui s’intitule « Wanda ». Grand écrivain, critique de cinéma et journaliste, Michel Ciment nous a brillamment présenté ce film qui retrace le destin de cette femme Wanda, femme de mineur en Pennsylvanie qui abandonne sa famille et qui va rencontrer Dennis, un malfaiteur avec qui elle poursuite sa route. Anti « Bonnie and Clyde », Barbara Loden a décidé de créer un scénario dont elle serait l’héroine. M.Ciment a d’ailleurs relevé que très peu de femmes sont metteur en scène aux Etats-Unis (Katheryn Bigelow a été la première femme à décrocher un Oscar de metteur en scène). Tourné en super 16, sorti en 1975 seulement en France (alors qu’il a été tourné en 1970), « Wanda » a selon moi, tous les défauts d’un premier film, aussi bien scénaristique (le film est assez lent et moyen) que technique (le mixage son est pas terrible, on entend à peine certains dialogues, heureusement que le film était bien sous-titré, et la caméra à l’épaule manque de précision, ce qui démontre un embarras de Loden de la caméra la plupart du temps) même si cette façon de filmer peut aussi donner un certain charme au film.

Le destin de Barbara Loden ne pas aller en sa faveur malheureusement, le film est un échec commercial et Loden ne trouve pas l’argent nécessaire pour son deuxième film et elle décédera d’un cancer, quelques années plus tard.

C’est déjà tout pour aujourd’hui, mais je posterai des critiques ce soir ou demain de deux films dans la rétrospective de Merian Cooper : « Le fils de Kong » et « Monsieur Joe »

Au programme de demain, qui sera placé sous le signe des rencontres :

–> Films d’animation de Jean-Michel Kibushi, en sa présence

–> Rencontre avec la Fémis + 3 films de la Fémis, qui ont l’air très intéressants

–> Compétition moyens-métrages : « Les fleuves m’ont laissée descendre où je voulais » et « Guy Moquet »

–> Pygmalion (2ème partie)

–> « Les derniers jours de Pompéi » de Merian C.Cooper

–> « Maximum Overdrive » de Stephen King

Demain est un autre jour !!

 

email