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Festival international du film d’Amiens : Jour 2 (2/8) – Dimanche 16 Novembre


Après l’entrée en matière dans ce 34ème FIFAM, j’aborde cette deuxième journée déjà un peu fatigué, heureusement, le café, la vitamine C et le jus d’orange existent, tout comme l’excitation de voir des films aussi différents qu’intrigants.

J’ai commencé cette journée par deux films en compétition, dont vous trouverez la critique dans la section Nos avis ciné, mais que je vais rapidement vous présenter :

10h : VIOLENT (d’Andrew Huculiak)

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Après « La challat de Tunis » hier, qui m’a plutot bien plu, j’avais hâte de le mettre en confrontation avec un deuxième long-métrage en compétition. Et une chose est sure, il n’est pas prêt de le rattraper! Sous couvert de se présenter sous la forme d’un visuel impressionnant, le film est à l’opposé de son titre « accrocheur », à savoir un film glacial et lent, où les émotions sont en dessous de 0°celsius. 

14 h : L’ABRI (de Fernand Melgar)

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Après le « mauvais souvenir » de Violent, il fallait vite remettre son cerveau en éveil pour le troisième (déjà!) long-métrage en compétition, un film documentaire, « L’abri », film brillant qui prend le pouls d’une société suisse, en proie elle-aussi au problème des sans-abris. Le film évite tout écueil de misérabilisme et de pathos et parvient à créer un lien invisible mais bien réel avec le spectateur. Une réussite !

La compétition longs-métrages se met en pause pour quelques jours, mais la journée de jeudi s’annonce d’ores et déjà très riche avec 3 films (Ventos de agosto, Félix et Meira, Un jeune poète) et 2 films vendredi (De la terre sur la langue, Charlie’s country)

16h30 : DANS LA NUIT ( de Charles Vanel)

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Dans la rétrospective consacrée à « l’oeuvre unique » , s’y trouvait l’unique film d’un grand comédien français Charles Vanel (qui avait notamment joué dans « Le salaire de la peur »). Datant de 1929 (soit le plus ancien film vu dans ce Festival du film), « Dans la nuit » est un film muet, qui se compose en deux parties, une première assez romantique et bucolique qui nous montre un couple nageant en plein bonheur et sur le point de se marier, cette partie du film pouvant presque faire penser à un film de Renoir. La deuxième partie que le film déploie est plus sombre marquée par l’accident au travail du personnage joué par Vanel qui se trouve défiguré. S’en suit un vaudeville assez prenant avec l’irruption d’un 2ème homme qui veut « sauver » la compagne de Vanel du couple. Le film est très bien construit, et les 1h15 passent comme une lettre à la poste, le néo-réalisateur pose son cadre avec une grande précision, utilisant les miroirs comme faux-semblants et le masque comme trouble pour le personnage féminin (et pour le spectateur). Il est légèrement dommage que la musique alourdisse un peu l’ensemble. Mais certaines scènes comme celle du manège (où le couple devient des marionnettes menées par des bras imaginaires) sont d’une beauté folle qui frise parfois l’impressionnisme. Enfin la fin du film que je ne spolierais pas a été totalement inattendue pour ma part, et m’a donné de revoir ce film une seconde fois pour en saisir tous les infinis détails qui pourraient être analysés des heures durant.

19 h : DES JEUNES FEMMES DISPARAISSENT (de Jean-Claude Brisseau)

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Présenté dans le cadre de « l’ouvroir de Jean-Claude Brisseau », « Des jeunes femmes disparaissent » est un court-métrage déjà tourné à deux reprises par le réalisateur, qui a décidé de le tourner une nouvelle fois, sous une forme expérimentale et en 3D! Présenté avec un peu plus de 30 minutes de retard, car le film a dû changer de salle, la séance a pu commencer en présence du réalisateur, qui n’a eu de cesse de marteler qu’il voulait utiliser cette 3D pour voir si le relief apportait du suspense au film. Après avoir vu ce film (court-métrage de 30 minutes), je trouve en effet qu’à la place où j’étais (grosso modo à 5-6 rangées en partant du fond), la 3D apporte vraiment quelque chose en plus, déjà dans cette scène lesbienne érotique très osée où les corps se détachent du cosmos (un peu longue, oui oui, je suis d’accord avec vous madame du public!!), puis plus tard où les éléments du décor se placent au devant des personnages et confère au film une immersion dans ce lieu clos. Si pour l’histoire du film et de son scénario, j’émet beaucoup de réserves (des hommes entrent dans l’appartement de l’une d’elle et vont tuer les deux femmes) un huis-clos total aurait été bien plus préférable, je n’ai rien à redire de la technique (où un bras viendrait presque du public pour ouvrir la porte, ou alors lorsqu’un homme ouvre se fenêtre et nous donne l’impression d’être en face  face  avec lui.) Visiblement perfectionniste,  ou peut-être un peu ronchon, Jean-Claude Brisseau s’est désolidarisé de cette version, qu’il a découvert pour la première fois à cette occasion, et qu’il a trouvé bien trop sombre à son goût. Moi qui a vu de nombreux films en 3D, je peux dire que sa version relief est réussie.

Suite au gros retard de cette projection qui a déplacée toutes les suivantes, j’ai décidé d’abréger la journée pour pouvoir écrire les critiques des films en compétition avec plus de rigueur et profondeur.

Au programme de la journée de demain : 

–> 2ème programme de la compétition des courts-métrages européens (avec un film germano-croate, un portugais, un roumain et un français)

–> 1er programme de la compétition des moyens-métrages français, avec deux films attendus et prometteurs

–> « Johnny s’en va-t’en guerre » (1971) dans le cadre de la rétrospective sur « l’oeuvre unique »

Demain est un autre jour !!

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