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Festival international du film d’Amiens 2016 : Résumé de la journée du Mercredi 16 Novembre


 

Après deux jours d’absence (dû à mon travail), me revoilà pour deux jours sur le FIFAM 2016. avec au sommaire : un combat de coqs, un collabo qui zigouille des lapins et un chef-opérateur oscarisé, beaucoup de films que j’ai la chance de partager grâce à Nos Meilleurs films.

Sous cette matinée pluvieuse mais moins froide que ces derniers jours, c’est donc reparti avec, pour commencer :

10h : Courts-métrages malgaches : MADAMA ESTHER + LE PETIT BONHOMME DE RIZ

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MADAMA ESTHER

Je n’ai pas forcément grand chose à dire sur ces courts-métrages vus, considérant que je n’ai vu que 50 minutes de cette cinématographie malgache. Néanmoins, cette plongée dans cette filmographie nous livre deux portraits sans concession de la société malgache. Dans Madama Esther, on y suit une femme âgée  qui héberge dans sa cour des combats de coq pour pouvoir emmener son petit-fils à la mer, tandis que dans Le petit bonhomme de riz, on y voit un petit garçon rusé qui vole du riz pour pouvoir nourrir sa famille. Ces deux films résolument sociaux témoignent d’une vivacité filmique, on découvre une cinématographie différente qui appelle à l’évasion. Au final, je ne regrette pas d’avoir vu ces deux films sociaux à la mise en scène très veloutée qui passent très vite !

A 11H15, j’ai été voir (hors-festival) le nouveau film de Jalil Lespert IRIS, dont je parlerai sur Nos Meilleurs films dans un article consacré à part.

J’ai ensuite repris le festival avec à 14h un film de Louis Malle, LACOMBE LUCIEN, un film long de 2h18 !

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Juin 1944. Fils de paysans, Lucien Lacombe, dix-sept ans, fait des ménages dans un hospice. L’exemple de son père, prisonnier de guerre, l’incite à vouloir prendre le maquis. Il rencontre alors son instituteur, devenu résistant, à qui il confie son désir d’entrer dans le maquis. Mais il essuie un refus. De retour en ville, il est arrêté par la police et dénonce son instituteur. Il est bientôt engagé par la Gestapo et tombe amoureux de France Horn, la fille d’un tailleur juif caché dans la région.

Rétrospective phare de ce 36ème FIFAM, je n’ai malheureusement pas pu voir d’autres films de Louis Malle, si ce n’est donc LACOMBE LUCIEN, un film qui a fait polémique à cause de sa dureté. Incontestablement, le film est dur et dérangeant , qui se situe en quasi huis-clos qui suit ce personnage de Lucien Lacombe, français qui collabore avec les nazis. Très perturbant, le film est émaillé de nombreuses scènes crues, à commencer  par la mise à mort violente de lapins et de poules (cf photo), mais aussi et surtout par l’emprise psychologique mise par Lucien sur une famille juive, promise à la mort si elle ne collabore pas avec lui, à commencer par France, la fille de son âge dont il veut profiter sexuellement. « Lacombe Lucien » montre le mauvais côté des français pendant la Seconde Guerre Mondiale, ce qui est assez rarement montrée au cinéma. Même si le film s’embourbe parfois dans des longueurs (la durée et le ton très sombre du film n’aident pas), le film résonne aussi avec la situation politique et sociale actuelle dans les discours d’exclusion et dans la violence psychologique dépeinte.

Juste après, à 17h, j’ai enchaîné avec CLOSE ENCOUNTERS WITH VILMOS ZSIGMOND, un documentaire de Pierre Filmon

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Ce documentaire de Pierre Filmon (qui sort aujourd’hui même, le 16 novembre) est consacré au légendaire directeur de la photographie Vilmos Zsigmond. C’est à Vilmos Zsigmond et Douglas Trumbull que l’on doit une des images les plus fortes du cinéma de Steven Spielberg : l’arrivée de ce vaisseau spatial brillant de mille feux devant une foule ébahie dans Rencontres du troisième type. Malgré l’importance de ce film (pour lequel il a reçu un Oscar) dans la filmographie de Vilmos Zsigmond, ce documentaire explore toutes les facettes d’une carrière impressionnante : John McCabe, DélivranceL’ÉpouvantailVoyage au bout de l’Enfer,Blow Out… Avec un postulat original : partir d’un film avorté que les deux hommes projetaient ensemble. Pierre Filmon a interrogé une kyrielle de grands noms du cinéma, notamment de ce Nouvel Hollywood au sein duquel Vilmos Zsigmond a connu sa période la plus faste.

Avant ce documentaire, j’avais très peu de connaissances sur ce chef-opérateur, bien que connaissant plusieurs des films qu’il a mis en lumière (Délivrance, Rencontres du 3ème type). J’ai véritablement été passionné par ce documentaire très instructif qui a eu bien du mal à trouver sa place entre sa nationalité hongroise et son pays d’adoption, les Etats-Unis. Alors que le film devait être une rétrospective sur l’oeuvre de Zsigmond, ce dernier s’est éteint brutalement en janvier 2016, ce documentaire s’est alors mué en hommage. Bourré d’interviews d’autres chefs-opérateurs (dont il est précisé quelques films sur lesquels ils ont travaillés), le film laisse aussi la place à des acteurs tels que John Travolta qui se rappellent des manières de filmer du chef-opérateur. « Close encounters with Vilmos Zsigmond » suit la longue carrière de Vilmos Zsigmond, parsemé d’embûches, de ses débuts dans des petits films drive-in avant de suivre chronologiquement sa carrière : Délivrance, Rencontres du 3ème type et Voyage au bout de l’enfer, avec des extraits à l’appui.

On apprend beaucoup de choses et on ressort du docu avec la folle envie de voir (ou de revoir) tous les films qu’il a mis en lumière. On saisit toute la difficulté et la complexité du métier, entre sa propre conception et le regard parfois divergent des cinéastes (en l’occurrence son conflit avec Woody Allen sur l’utilisation de la Steadycam). Un documentaire passionnant à voir pour tout cinéphile !

Voilà pour cette journée de Mercredi, reste une journée entièrement consacrée de courts-métrages !

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ne plongée dans l’art d’un homme d’exception, célèbre pour sa pratique du “flashage” (exposition de la pellicule afin d’altérer la texture) et sa maîtrise des mouvements complexes et des scènes obscures. Un bel hommage à ce natif de Hongrie émigré aux États-Unis après la révolution de 1956, qu’il avait captée, et disparu en janvier de cette année.

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