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Festival international du film d’Amiens 2016 : Résumé de la journée du Dimanche 13 Novembre


A peine remis de la première journée de festival que la deuxième arrive très vite ! Une deuxième journée un peu plus courte que la précédente (comme je vous l’disais précédemment, je n’habite pas à Amiens et je ne pouvais pas rester trop tard sur cette journée) De plus, je ne suis plus étudiant et je travaille (certes très peu, mais suffisamment pour perturber ma volonté de voir plus de films du FIFAM 2016), bref assez parlé de moi…

Ce dimanche résonne en tout cas d’une manière particulière, il y’a un an jour pour jour qu’ont eu lieues les pires attaques terroristes sur le sol français depuis la seconde Guerre mondiale, tuant 130 personnes. Un terrible événement qui avait fortement impacté le FIFAM l’an dernier, provoquant l’annulation des séances du Samedi 14 et qui avait enlevé tout esprit de fête… Un an après, sous un ciel grisonnant, j’ai encore, et comme tous les français, ces événements en tête, mais avec toujours l’envie de continuer à voir des films, pour continuer de vivre et d’exister.

J’ai donc repris le chemin du cinéma, dès 10 h avec WULU de Daouda Coulibaly

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Ladji a vingt ans, de grandes ambitions mais plus de travail… Pour survivre, il accepte de conduire une petite cargaison de cocaïne. C’est facile, ça gagne bien, le métier est en pleine croissance. On lui donne enfin sa chance. Sans scrupules, il va la saisir, gravir les échelons, croiser hommes d’affaires véreux et militaires corrompus. Gagner de l’argent, beaucoup d’argent. Mais quand on arrive au sommet, les choses se compliquent…

Premier film de Daouda Coulibaly, « Wulu » est déjà le 3ème film en compétition, après les deux d’hier. Le film relate la corruption au Mali en faisant référence à l’avion Air Cocaïne, chargé de drogues qui s’est posé au Mali et qui permis le déchirement du pays et le financement du terrorisme. On y suit donc Ladji, un chauffeur de taxi qui va gravir les échelons afin de gagner toujours plus d’argent. Le titre du film « Wulu » signifie « chien » en bambara, qui fait référence à un rite d’initiation, à l’instar du personnage de Ladji. De la même manière que « The road to Mandalay » hier, « Wulu » appuie là où ça fait mal, en nous montrant une société corrompue. Contrairement au film de Midi Z qui insistait sur la part sociale du récit, Daouda Coulibaly choisit l’angle du cinéma de genre. Une bonne idée en soi, mais malheureusement, le film reste profondément complexe par la présence d’un trop nombre de personnages. Si la performance du jeune acteur Ibrahim Koma est à saluer, le film pâtit d’un rythme trop lent, de digressions nous détournant de l’intrigue principale, et au final, on est déçu de ce polar qui sur le papier avait tout pour plaire, mais qui ne parvient pas à captiver autant qu’il devrait…

Note finale : 60%

Après une pause déjeuner et de nouvelles averses, le FIFAM reprend ses droits avec un nouveau (et dernier pour ma part) film en compétition.

14 h : LE CIEL FLAMAND de Peter Monsaert

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La vie de trois générations de femmes : Monique, Sylvie et Eline. Monique exploite, avec sa fille Sylvie, un bordel au bord d’une route nationale à la frontière entre la Flandre-Occidentale et la France. Eline, la fille de six ans de Sylvie, est fascinée par le lieu mystérieux où travaillent sa mère et sa grand-mère, mais s’en voit constamment refuser l’accès. 
Un événement dramatique vient remettre en cause les certitudes de leur existence en mettant les liens familiaux à rude épreuve.

Deuxième long-métrage de Peter Monsaert après « Offline » qui avait remporté le Grand Prix d’Amiens ainsi que les deux prix d’interprétations il y’a deux ans. « Le ciel flamand » raconte la vie de trois femmes Monique, la grand-mère, Sylvie la mère et Eline, la fille âgée de 6 ans. Le film se déroule dans une maison close, pour déployer le sujet si délicat de la prostitution, avant d’y adjoindre celui du viol sur Eline, cette fillette innocente, elle aussi touchée par les activités de sa mère. De ce sujet très très casse-gueule qui pouvait sombrer dans le sordide, le cinéaste belge commence par adopter le point de vue de l’enfant, qui a grandi dans cette maison close. Monsaert déploie une mise en scène très sensible contrastant avec la noirceur de la situation (en témoigne cet homme déguisé en Père Noel profitant de sa situation pour violer des petites filles). On peut regretter que le récit se perd et ne suit pas constamment le récit de la fillette. Néanmoins, « Le ciel flamand » parvient à captiver par sa force de l’enfance, que l’on veut protéger du danger mais qui finit par être gangrenée. Un peu plus abouti que les trois précédents films vus en compétition, « Le ciel flamand » comble ses lacunes (et notamment ses longueurs) par sa confrontation de l’enfance avec la dureté de l’âge adulte.

Note : 71%

Après avoir re-visionné « Au revoir les enfants », un sublime film de Louis Malle, ma journée s’arrête ici, et je ne reprendrai le Fifam 2016 que mercredi, avec un nouveau film de Louis Malle (Lacombe Lucien) et un documentaire sur le chef-opérateur Vilmos Zsigmond.

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