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Festival international d’Amiens : Résumé de la journée du Samedi 11 Novembre


Le 37ème Festival international du film d’Amiens (dit FIFAM), c’est parti !

Après la projection du film « Dans la chaleur de la nuit » ce vendredi 10 en ouverture, le Festival démarre véritablement avec cette journée du samedi 11 novembre. Malheureusement, et comme souvent, c’est un temps pluvieux qui accompagne ce festival renommé, l’un des plus important (avec Arras) des Hauts-de-France. Après remise de l’accréditation et les quelques formalités, place aux films !!

12h : CANCELLED FACES (de Lior Shamriz)

Séoul, de nos jours. Quand Unk percute Boaz avec son scooter, un amour fou commence entre ces deux jeunes hommes. Mais rapidement, ayant un besoin d’autonomie, Unk commence à vivre dans la peur d’être absorbé par son amoureux. Pendant ce temps, dans une série télévisée, un poète fait face à la chute de Jérusalem, il y a deux cent ans.

Premier film présenté en Compétition longs-métrage, « Cancelled faces » est signé du réalisateur Lior Shamriz. Un cinéaste israëlien qui tourne un film coréen, ce n’est pas courant. Film troublant et torturé, « Cancelled faces » s’avère être un film bancal, abordant une histoire d’amour qui aurait mérité à être approfondie d’une part, et d’autre part, ces apparitions intempestives de cette série télévisée délivrant un discours philosophico-poétique poussive et pénible. Vous retrouverez très vite ma critique intégrale dans un article exclusif sur Nos meilleurs films !

Après une pause déjeuner, place au 1er des deux programmes de courts-métrages :

14 h : Compétition courts-métrages (Programme 1)

Dans ce premier des deux programmes de courts-métrage, les 3 films étaient présentés comme des films traitant tous de la cellule familiale au sens large.  Sur sur les 3 courts-métrages de ce premier programme (la deuxième partie sera projeté demain), c’est le film

  • LA FACE CACHEE DU PERE NOEL (Laurent Pantaleon) (image ci-dessus) qui m’apparaît de loin comme le plus réussi.

Le 24 décembre au matin, Christian, père de famille au chômage, se rend compte que sous le sapin, il n’y a pas de cadeau. Devant l’anorexie de ses finances, il décide d’aller vendre en ville un coq et ses deux poules pour gagner de quoi combler sa fille de neuf ans.

Ce court-métrage réunionnais traite d’un sujet sérieux (la pauvreté) avec un humour salvateur et pinçant. L’histoire de ce père sans le sou, qui décide de vendre son coq et ses deux poules afin de payer un cadeau à sa fille attendrit par sa simplicité et son universalité touchante. Bourré de situations désopilantes et de personnages hauts-en-couleurs (comme cette grand-mère dure en affaires, l’homme que tout le monde appelle Monsieur le Maire), « La face cachée du Père Noël » est un véritable conte tendre et passionnant. Le personnage de Christian va être confronté à des personnages qui ne vont avoir de cesse de lui mettre des bâtons dans les roues, en lui proposant, par exemple, que son coq participe à des combats afin de gagner plus d’argent encore. La fin piquante vient clore cette chronique aigre-douce vraiment plaisante. Un très bon court-métrage déjà sélectionné dans de nombreux festivals, et qui, espérons, reparte d’Amiens avec un « petit quelque chose ».

  • A LA DERIVE (Alexis Duran)

Une journée de pêche entre un garçon, son père et son grand-père. Ils parlent d’une mère absente qui apparaît peu à peu. Soudain, le téléphone sonne.

Ce court-métrage bénéficie d’une photographie absolument sublime, et raconte trois générations le temps d’une journée de pêche. « A la dérive » n’est pas exceptionnel d’un point de vue scénaristique mais réussit à captiver par son atmosphère à la fois empreinte de douceur et d’inquiétude. Sa durée très courte (seulement 13 minutes) nous empêche de nous attacher véritablement aux personnages. Une demi-réussite toutefois.

  • L’APPEL (Mariakenzi Lahlou)

Une jeune femme arrive dans une sorte de prison militaire dans le but d’en libérer ses parents. Elle est accompagnée par un souffleur de verre, qui, en lui imposant un travail répétitif et usant, cherche à comprendre l’impossibilité de sa quête.

Il y’a parfois (et même assez souvent) des courts-métrages qui vous échappent totalement. Celui-ci en fait clairement parti. Rien dans « L’appel » n’est parvenu à me captiver, ni l’interprétation des acteurs, ni le scénario, ni la mise en scène. Dans ce cas, les 23 lonnngues minutes paraissent une éternité jusqu’à la délivrance du générique final.

 

20h30 : LES VECES ETAIENT FERMES DE L’INTERIEUR (Patrice Leconte)

Un brave contrôleur à la RATP est victime d’un attentat dans ses vécés, lesquels étaient fermés de l’intérieur ! Une enquête est ouverte, menée par le flegmatique comissaire Pichard et son fidèle adjoint, l’inspecteur Charbonnier. Le scénario de Gotlib promène les deux fins limiers de Montrouge à Marseille, des couloirs d’un hôpital psychiatrique aux jardins d’un manoir. Mais ils ne sont pas au bout de leurs surprises !

A l’occasion de la disparition de Jean Rochefort en octobre dernier, le Festival rend hommage à ce grand comédien qui aurait dû être l’invité d’honneur de ce 37ème FIFAM. Avant « Le mari de la coiffeuse », Un étrange voyage » (également présenté dans le cadre à l’hommage sur Alain Cavalier) et « Floride », le film rediffuse ce premier film de Patrice Leconte. « Les vécés étaient fermés de l’intérieur » fut un film pilier dans la carrière de Patrice Leconte, comme dans celle de Jean Rochefort. Cependant, l’acteur et le réalisateur se sont brouillés comme jamais sur le tournage. Rochefort reprochant à Leconte son incompétence à filmer, lequel faisait seulement son premier long. Après dix ans de brouilles, Rochefort et Leconte se sont réconciliés puis devenus des amis inséparables ! Les deux hommes ont par la suite tournés de nombreux films ensemble (« Tandem », « Le mari de la coiffeuse », « Les grands ducs », « Tango », « L’homme du train »).

Si je ne connaissais ce film uniquement de nom, j’ai découvert « Les vécés étaient fermés de l’intérieur », une comédie diablement efficace et décalée. Patrice Leconte nous emmène dans une comédie policière efficace et drôlissime dès le générique d’ouverture (avec des pages d’un dossier se tournant, laissant défiler le casting, avec déjà plein d’idées comiques). Alors, certes, le film a légèrement vieilli, mais on prend un réel plaisir à suivre cette enquête rocambolesque menée à plein tubes par un Coluche tonitruant et un Jean Rochefort, plus en retrait qu’à l’accoutumée, et occupant un rôle flegmatique et stoïque. Le film regorge de trouvailles désopilantes (la nudité incessante relevée par le personnage de Coluche, les étapes de l’enquête écrites noir sur blanc sur le journal, l’apparition de personnages tous plus loufoques et impromptus les uns que les autres.) Indéniablement, une très bonne comédie française, que je vous invite fortement à découvrir si ce n’est pas encore fait.

Ainsi s’achève cette première journée du 37ème FIFAM !! A très vite pour la suite !

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