Actualités

Critiques express des films de JUIN 2017 [Nouvelle chronique]


Du nouveau sur Nos meilleurs films ! Je vois de nombreux films par semaine, et par manque de temps ou parce que je n’ai pas toujours grand chose à dire sur certains films, je fais l’impasse sur de nombreux films ici. Désormais, chaque mois, vous retrouverez cette nouvelle rubrique qui aura pour vocation de vous parler en quelques lignes de plusieurs films projetés durant le mois écoulé.

Au sommaire :

  • CE QUI NOUS LIE
  • K.O
  • LA MOMIE
  • AVA
  • BAD BUZZ
  • LES EX
  • FREE FIRE
  • MON POUSSIN
  • HhHH

CE QUI NOUS LIE (Cédric Klapisch)

Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent.

Chaque film de Cédric Klapisch est un évènement. Celui-ci en est un. Tourné sur une année entière, « Ce qui nous lie » est un bon film d’acteurs (Pio Marmai, Ana Girardot et François Civil excellent). Avec ce trio fusionnel, Klapisch crée une oeuvre tendre et passionnante dans la description instructive de la fabrication du vin. Les paysages naturels sont tout bonnement splendides et le film ne manque pas d’humour. Cependant, le scénario est le véritable point faible du film : la comédie romantique prend trop de place vis à vis du drame humain, ce qui fait perdre l’intensité de départ, pas aidé par les trop nombreuses longueurs.

Note finale : 66%

K.O (de Fabrice Gobert)

Antoine Leconte est un homme de pouvoir arrogant et dominateur, tant dans son milieu professionnel que dans sa vie privée. 
Au terme d’une journée particulière oppressante, il est plongé dans le coma. 
À son réveil, plus rien n’est comme avant : Rêve ou réalité ? Complot ? Cauchemar ?… 
Il est K.O.

Après le brillant « Simon Werner a disparu », Fabrice Gobert revient à la réalisation avec « K.O » un thriller au scénario diabolique en forme de descente aux enfers ! Avec ses faux airs de « Sans identité » de Jaume Collet-Serra, Fabrice Gobert crée une oeuvre ambitieuse empreinte d’une réelle originalité. Laurent Laffite est une nouvelle fois très convaincant dans un rôle de salaud fini, certes totalement antipathique mais dont on va suivre les pérégrinations psychologiques. C’est regrettable en revanche que le film s’étire en longueur particulièrement dans sa deuxième moitié, mais aussi la sur-abondance de personnages qui rend le thriller pas toujours facile à suivre.

Note finale : 69%

LA MOMIE (Alex Kurtzman)

Bien qu’elle ait été consciencieusement enterrée dans un tombeau au fin fond d’un insondable désert, une princesse de l’ancienne Égypte, dont le destin lui a été injustement ravi, revient à la vie et va déverser sur notre monde des siècles de rancœurs accumulées et de terreur dépassant l’entendement humain. Des sables du Moyen Orient aux pavés de Londres en passant par les ténébreux labyrinthes d’antiques tombeaux dérobés, La Momie nous transporte dans un monde à la fois terrifiant et merveilleux, peuplé de monstres et de divinités, dépoussiérant au passage un mythe vieux comme le monde.

Jaloux de ne pas avoir son propre catalogue de blockbusters (à l’instar de Marvel et DC Comics), Universal a décidé de récurer les oeuvres de Universal monsters (composées de multiples monstres tels que Frankenstein ou Dr Jeykill). « La momie » est la première de ces adaptations, …et peut-être la dernière…au vu des mauvais chiffres de ce film! Bien entendu, Tom Cruise fait le job et porte indéniablement par son énergie et son charisme ce film d’aventure en forme de grand spectacle avec des effets spéciaux de bonne facture. Malheureusement, le film déçoit énormément dans son scénario. Le film comporte le symptôme numéro 1 des blockbusters actuels : à savoir être construit comme un film à suite ! Et du coup, il ne s’y passe grand chose ! Aucune idée nouvelle par rapport au précédent film avec Brendan Fraser, le film manque cruellement d’originalité et se retrouve englué dans des clichés et des personnages stéréotypés. D’où l’impression d’un produit formaté sans âme, et ce malgré Tom Cruise !

Note finale : 58%

AVA (Léa Mysius)

Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l’océan quand elle apprend qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite…

Récompensé par le prix SACD au dernier de Festival de Cannes, où il a fait sensation, « Ava » est le premier film de Léa Mysius ! Un véritable film de contre-programmation estival payant ! Le travail sur la mise en scène est remarquable, Léa Mysius effectue un réel effort sur l’ombre et la lumière, où l’un contamine l’autre! Aussi bien dans la mise en scène que dans la narration, Ava cherche constamment l’obscurité et la méchanceté, alors qu’elle est un être de lumière. Noée Abita est la révélation totale et époustouflante de cette comédie dramatique assez originale et tourné en 35mm. En revanche, la dernière demie-heure (le mariage gitan) déçoit et traine en longueur. Et on regrette que le scénario se retrouve scindé en deux : l’annonce de la cécité d’Ava avec la relation mère/fille pendant la première heure, puis le relation mystérieuse et opaque entre Ava et le ténébreux Juan englué dans un sous-texte politique maladroit. On applaudit toutefois l’effort de sortir des sentiers battus.

Note finale : 72%

BAD BUZZ (Stéphane Kazandjian)

Au sommet de leur carrière, Eric & Quentin font un terrible bad buzz qui menace d’anéantir leur réputation.
Pour sauver leur peau, ils n’ont plus qu’une solution : réaliser un bon buzz en moins de 48 heures !

« Bad buzz » est le premier film du duo d’humoristes Eric et Quentin, popularisés dans « Le Petit Journal » et connus dans l’émission « Quotidien » sur TMC. Le film bénéficie d’un bad buzz assez virulent, avec des notes presses et spectateurs sur Allociné incroyablement basses. Malheureusement, et malgré leurs stories plutôt drôles dans l’émission de Yann Barthes, la version longue des aventures d’Eric et Quentin est d’une pauvreté assez invraisemblable. Si l’idée de départ de montrer l’influence (voire le diktat) des réseaux sociaux est très intéressante, « Bad buzz » est une comédie bancale et peu drôle. On a cette désagréable sensation d’une accumulation de gags et de stories peu convaincantes. Le scénario pêche par sa banalité et par ses gags répétitifs (l’idée du chat peu inspirante). De plus, avec leurs faux airs d’Eric et Ramzy, Eric et Quentin sont d’assez mauvais comédiens pour un long-métrage de cinéma. Malgré quelques bonnes idées malheureusement éventés dans la bande-son, et la performance étonnante de Marie-Anne Chazel, « Bad buzz » déçoit et demeure inintéressant !

Note finale : 41%

LES EX (Maurice Barthélémy)

Si Paris est la ville des amoureux, elle est aussi celle… des ex ! Antoine n’ose plus s’engager, Didier regrette son ex-femme, le père Laurent doit célébrer le mariage de son ex, Julie, Serge est harcelé par Lise, l’ex de sa petite amie du moment, tandis que Greg se console avec le chien… de son ex ! Autant de personnages dont les vies vont se télescoper dans un joyeux désordre et qui pourraient bien retomber amoureux ! Mais de qui ? Qu’ils nous obsèdent ou que l’on adore les détester, au fond, il est difficile d’oublier ses ex !

Peu friand des comédies romantiques (en particulier françaises), « Les ex » avait tout pour me déplaire sur le papier !  Certes, le film a du mal à commencer, mais c’est finalement moins pire que prévu ! « Les ex » est une comédie française d’assez bonne facture, avec un casting de haute volée (Patrick Chesnais, Baptiste Lecaplain, Claudia Tagbo, Arnaud Ducret). Avec cette idée de faire une comédie romantique à l’envers, c’est à dire dirigée vers le passé, Maurice Barthélémy livre une comédie aux situations comiques et aux nombreux quiproquos. Même si elle n’a rien de transcendante, cette comédie romantique comporte trop de personnages mais laisse un meilleur souvenir que prévu.

Note finale : 65%

FREE FIRE (Ben Wheatley)

Une vente d’armes clandestine doit avoir lieu dans un entrepôt désert. Tous ceux qui y sont associés se retrouvent face à face : deux Irlandais, Justine, l’intermédiaire, et le gang dirigé par Vernon et Ord. Mais rien ne se passe comme prévu et la transaction vire à l’affrontement. C’est désormais chacun pour soi… pour s’en sortir, il va falloir être malin et résistant.

Ce huis clos d’action avec un casting aussi excitant que Brie Larson et Cilian Murphy avait bon nombre d’arguments à faire valeur ! Si l’idée de départ est intacte (le mélange huis clos/action à la « Reservoir dogs » fonctionne à pleins tubes), « Free fire » est une déception ! En cause, la mise en scène assez catastrophique ! Les fusillades sont mal filmées et répétitives, l’espace est très mal utilisé (on passe son temps à se demander où est qui, et qui est avec qui). Le scénario manque sévèrement de structure et le huis clos manque de rebondissement. On savourera toutefois les nombreuses pointes d’humour qui viennent égayer ce thriller qui laisse un goût amer au regard de son potentiel.

Note finale : 58%

MON POUSSIN (Frédéric Forestier)

Vincent, 18 ans, se fait larguer par Elina. C’est son premier amour, c’est la fin du monde ! Ses parents décident donc de prendre les choses en main et vont tout tenter pour lui faire oublier cette fille : il devra les suivre dans une cure de désintoxication amoureuse dont ils vont imaginer le programme…

Cette nouvelle comédie romantique française est portée par un casting prometteur : Isabelle Nanty (alias Madame Tuche) et PEF, qui doivent tenter de remettre les idées en place à leur fils, qui vient de se faire larguer ! La première partie du récit est assez futée (de par l’absence totale des raisons de la séparation, et l’absence de cette fameuse Elina). Si l’on rit de bon coeur au début, Frédéric Forestier décide subitement de modifier son pitch de départ, comme s’il ne croyait plus à son sujet. Le film passe en cours de route des malheurs de l’ado blessé et délaissé à la crise conjugale du couple Nanty/PEF. Une décision frustrante tant le film faiblit dans sa seconde partie, devenant une comédie romantique plan-plan autour des difficultés de s’aimer dans le temps, en perdant tout le sel du pitch de départ.

Note finale : 60%

HHhH (Cédric Jimenez)

L’ascension fulgurante de Reinhard Heydrich, militaire déchu, entraîné vers l’idéologie nazie par sa femme Lina. Bras droit d’Himmler et chef de la Gestapo, Heydrich devient l’un des hommes les plus dangereux du régime. Hitler le nomme à Prague pour prendre le commandement de la Bohême-Moravie et lui confie le soin d’imaginer un plan d’extermination définitif. Il est l’architecte de la Solution Finale. 
Face à lui, deux jeunes soldats, Jan Kubis et Jozef Gabcik. L’un est tchèque, l’autre slovaque. Tous deux se sont engagés aux côtés de la Résistance, pour libérer leur pays de l’occupation allemande. Ils ont suivi un entraînement à Londres et se sont portés volontaires pour accomplir l’une des missions secrètes les plus importantes, et l’une des plus risquées aussi : éliminer Heydrich. 
Au cours de l’infiltration, Jan rencontre Anna Novak, tentant d’endiguer les sentiments qui montent en lui. Car les résistants le savent tous : leur cause passe avant leur vie. Le 27 mai 1942, les destins d’Heydrich, Jan et Jozef basculent, renversant le cours de l’Histoire.

Ce fait divers que j’ignorais se trouve mis en scène par Cédric Jimenez (auteur de « La French). De cette histoire vraie, découle un film assez fort, mais qui l’aurait été encore plus, si Jimenez n’aurait pas saucissonné autant son récit en deux : la « naissance » idéologique d’Heydrich puis les deux jeunes soldats Kubis et Gabcik dans la Résistance et qui s’apprêtent à l’éliminer. Si la performance de tous les acteurs est remarquable, on se souviendra particulièrement de la dernière demie-heure (la traque des résistants par les nazis) d’une intensité rare et remarquable jusqu’au final déchirant. Dommage que la première heure ne soit pas du même acabit, et qu’il faille attendre si longtemps pour vibrer à ce point.

Note finale : 72%

email